Qui était Nélie Jacquemart ?

La portraitiste
Avant la maison, il y a un atelier. Nélie Jacquemart peint des portraits, et on vient la chercher pour cela. En 1872, la commande du portrait d'Édouard André la fait entrer dans l'hôtel du boulevard Haussmann, inauguré depuis peu. Elle a trente et un ans, lui trente-neuf. Ce portrait est le premier objet auquel je pense quand je traverse les appartements privés, parce qu'il explique tout ce qui suit. Le parcours est sur que voir, salle par salle.
Le mariage de 1881
Neuf ans après le portrait, ils se marient. Le musée dit pudiquement « malgré des origines religieuses et politiques différentes » : lui, d'une famille de banquiers protestants, ancien officier de la Garde impériale, ancien député ; elle, venue d'ailleurs. Ils n'ont pas d'enfant. À la place, ils achètent. Chaque année, l'Italie et le Proche-Orient ; Uccello, Mantegna, Bellini, les sculptures de la Renaissance, tout ce qui compose aujourd'hui le musée italien de l'étage. C'est elle qui a l'œil, et les gardiens de la maison le disent volontiers.
Édouard, en contrepoint
Édouard André (1833-1894) avait commencé seul, dès 1860, avec Delacroix, les orientalistes et l'école de Barbizon, puis le XVIIIe siècle français : Chardin, Boucher, Fragonard, que l'on voit dans le salon des Peintures. Il avait fait bâtir la maison par Henri Parent entre 1869 et 1875. Le couple forme deux collections dans une seule demeure, et le contraste se lit d'un étage à l'autre. L'histoire du bâtiment est sur l'histoire de l'hôtel André.
1894 : le procès
Édouard meurt en 1894. La famille André conteste, et Nélie gagne un procès pour garder la maison. Elle y vit dix-huit ans de plus, continue d'acheter, et en 1902 acquiert l'abbaye royale de Chaalis, qu'elle remplit à son tour. Ce n'est pas une veuve qui conserve : c'est une collectionneuse qui continue.
1912 : le legs
À sa mort, en 1912, elle lègue l'hôtel, Chaalis et les collections à l'Institut de France, avec des consignes précises d'accrochage. Le musée ouvre le 8 décembre 1913, inauguré par le président Poincaré, et l'accrochage suit encore ses consignes. Le nom du musée accole le sien et celui de son mari, dans cet ordre, ce que j'explique sur pourquoi « Jacquemart ». La salle à manger où elle recevait est aujourd'hui Le Nélie, le salon de thé, et il porte son prénom.
Ce qui marche
- Le portrait de 1872, dans les appartements privés
- Le musée italien de l'étage, son œuvre autant que celle d'Édouard
- Un accrochage resté fidèle au legs de 1912
- Un salon de thé qui porte son prénom, sans billet
À savoir
- Les appartements privés sont petits : éviter le samedi après-midi
- Chaalis est hors Paris et hors de ce site
- Le billet s'achète au musée, pas sur GetYourGuide
- Le soir d'opéra, les appartements privés se voient en passant, pas en s'attardant
Regardez la chambre de Madame, puis la chambre de Monsieur, dans cet ordre. Deux personnes qui ont vécu côte à côte plus de vingt ans sans se ressembler, et une maison qui l'a compris.
Les salons de Nélie, un soir
La soirée d'opéra passe par les salons du rez-de-chaussée après la fermeture, avec une coupe de champagne. Les dates sont ci-dessous.
Rappel : la soirée ci-dessus se réserve sur GetYourGuide, mais le billet d'entrée du musée, lui, s'achète sur la billetterie du musée ou au guichet du 158.
Questions fréquentes
Nélie Jacquemart était-elle peintre ?
Oui, une portraitiste reconnue. Elle a peint Édouard André en 1872, neuf ans avant de l'épouser. Les appartements privés sont décrits sur que voir.
Pourquoi le musée s'appelle-t-il Jacquemart-André et pas André-Jacquemart ?
Le nom accole celui de l'épouse et celui de l'époux, dans cet ordre, parce que c'est elle qui a légué la maison. Voir pourquoi Jacquemart.
Qu'est devenue la maison après sa mort ?
Léguée à l'Institut de France en 1912, ouverte en musée le 8 décembre 1913. Voir qui est propriétaire.
Le salon de thé porte-t-il son nom ?
Oui, Le Nélie occupe l'ancienne salle à manger, sous le plafond de Tiepolo, et se visite sans billet ni réservation. Voir le salon de thé.